Cet apprentissage littéraire est complété par les lectures paternelles à la veillée[151], incluant des romans comme The Midnight Bell de Francis Lathom, dont le souvenir se retrouve au chapitre VI de Northanger Abbey, dans la bouche d'Isabella Thorpe[152]. Ainsi Lucy Steele veut blesser Elinor, laquelle arrive à maîtriser ses émotions, en lui révélant ses fiançailles secrètes avec Edward Ferrars ; le comportement de la volage Isabella Thorpe permet à Catherine Morland de différencier l'amitié vraie de la superficielle ; l'amitié condescendante de Caroline Bingley trompe un temps la candide Jane Bennet ; Mary Crawford est une rivale dangereuse pour Fanny Price ; les sœurs d'Anne Elliot sont l'une d'un snobisme prétentieux, l'autre d'un égoïsme mesquin. Ses romans, concédait-il, étaient « une copie admirable de la vie » (an admirable copy of life), mais il affirmait ne pouvoir s'intéresser à « des productions de cette sorte » (productions of that kind), parce que, « à moins que la vérité de la nature ne lui fût présentée, pour ainsi dire, clarifiée par la pleine lumière de l'imagination » (unless the truth of nature were presented to him clarified, as it were, by the pervading light of imagination), « elle ne saurait exercer que bien peu d'attrait à ses yeux » (it had scarce any attraction in his eyes)[174]. Parmi les auteurs plus récents, on trouve également Sir Walter Scott, Thomas Campbell, Robert Burns (cité dans Sanditon), Maria Edgeworth (avec, en particulier, Belinda), ou même le jeune William Wordsworth qui accorde tant d'importance aux choses de la nature et professe, dans sa préface des Lyrical Ballads (2e édition, 1800), qu'il ne s'intéresse qu'au parler simple et s'exprime dans la langue du peuple, surtout celui des campagnes[175]. Dans la bibliothèque paternelle elle découvre les poèmes de Pope et de Shakespeare, les essais d'Addison et de Johnson[N 5], les romans de Fanny Burney, de Fielding, de Sterne, et de Richardson, ou encore les œuvres de William Cowper. Selon toute vraisemblance, Jane Austen commence dès 1787 à écrire des poèmes, des histoires et des pièces pour son propre amusement et celui de sa famille[52],[53]. Elle écrit plus tard un Plan d'un Roman, selon des suggestions de diverses origines, présentant sous une forme satirique les grandes lignes du « roman parfait », d'après les recommandations du bibliothécaire en question[129],[130]. Plus tard, elle fait des fair copies (« transcriptions au propre ») de vingt-sept de ces œuvres précoces, en trois carnets reliés, aujourd'hui connus sous le nom de Juvenilia et contenant des écrits échelonnés de 1787 à 1793[54],[55]. Il ne reste que quelques lettres d'ordre personnel ou familial (selon une estimation, 160 lettres sur un total de 3 000[17]). Jane Austen explique son approche littéraire dans ses lettres (dont une lettre de 1814 à sa nièce Anna Austen) : « trois ou quatre familles dans un village de campagne, c'est là le petit morceau d'ivoire (cinq centimètres de large) sur lequel je travaille »[C 5]. Très vite des romanciers, contemporains de Jane Austen mais ayant vécu plus longtemps, se sont inspirés de son œuvre. Depuis la mise en circulation d'un nouveau billet le 14 septembre 2017, un portrait de Jane Austen figure sur les coupures de 10 livres à la place de celui de Charles Darwin. Après la Seconde Guerre mondiale, d'autres études sont menées, faisant appel à diverses approches critiques, par exemple le féminisme, ou, de façon peut-être plus discutable[266], le post-colonialisme. Les jeunes femme riches de la gentry sont souvent condamnées à être utilisées comme des pions pour asseoir un pouvoir ou stabiliser une fortune, comme la première Eliza Williams, l'« honorable » Miss Morton ou Miss Grey[143], mais aussi Mrs Tilney[144] ou la malheureuse femme de Mr Elliot, riche et bien élevée mais de très humble origine et épousée uniquement pour sa fortune[139]. In 1783 she went to Southampton to be taught by a relative, Mrs. Cawley, but was brought home due to a local outbreak of disease. Dès lors, Jane Austen accède à la reconnaissance littéraire dans le monde francophone[N 39] et est consacrée comme un auteur « sérieux ». Depuis son adolescence ses sympathies vont au parti tory, elle est donc loin d'adhérer à l'idéal révolutionnaire. Miss Grey, que Willoughby épouse pour de basses considérations mercantiles parce qu'il vit au-dessus de ses moyens, a une dot de 50 000 £, ce qui en fait l'héritière la plus fortunée de tous les romans de Jane Austen[136], Miss Morton, Emma Woodhouse et Georgiana Darcy ayant 30 000 £. C'est en ces occasions de visites familiales que Jane et sa sœur Cassandra seront le plus souvent amenées à se séparer, donc à s'écrire. La liste des indispensables talents d'agrément fait d'ailleurs l'objet d'une discussion à Netherfield dans Orgueil et Préjugés[210]. Peu après la publication de Emma, Henry Austen rachète à Crosby les droits de Susan. De même, Richard Whately, en 1821, compare Jane Austen à Homère et Shakespeare, soulignant les qualités dramatiques de son style narratif. Très vite à la mode parmi l'élite, par exemple auprès de la princesse Charlotte Augusta, fille du Prince Régent, le futur George IV, elles ne reçoivent cependant que de rares critiques favorables[121], et encore, pour la plupart, courtes et superficielles[234],[235]. Sont illustrés de la même façon Northanger Abbey avec Catherine lisant, et Emma[248]. Ces deux travaux simultanés marquent le début des études académiques françaises consacrées à la romancière[256]. Les personnages qui intéressent Jane Austen appartiennent plutôt à la landed gentry traditionnelle[N 21], membres anoblis (Sir John Middleton, Sir Walter Elliot) ou non (Mr Darcy, Mr Knightley) de familles anciennes, ou propriétaires récents (John Dashwood, le général Tilney, Sir Thomas Bertram)[94]. Nombre de ses scènes de genre évoquent le monde de « la bonne tante Jane » tel que le voyait l'époque victorienne : A Wet Sunday Morning (1896) Dimanche matin pluvieux. Selon Park Honan, biographe de Jane Austen, la vie au foyer des Austen baigne dans une « atmosphère intellectuelle ouverte, amusée et facile », où les idées sociales et politiques autres que les leurs sont prises en compte et discutées[45]. Les cinq demoiselles Bennet, au décès de leurs parents, bénéficieront au mieux de 40 £ annuellement chacune, comme le fait élégamment remarquer Mr Collins à Elizabeth en demandant sa main[N 29]. Décrivant un monde de femmes, la romancière soigne le portrait des personnages féminins. George Austen (1731-1805), and Cassandra Leigh (1739-1827). De plus, cet auteur admiré de toute l'élite intellectuelle anglaise, ne peut que fasciner, même inconsciemment, une écrivaine débutante. Les problèmes créés par la transmission du patrimoine traversent la plupart des romans de Jane Austen, et sont parfois au cœur même de l'intrigue, comme dans Sense and Sensibility[152]. Depuis les années 1960[210], les responsables des décors et des costumes de ces adaptations (heritage films, costume dramas, period dramas) recherchent les détails « authentiques » qui restitueront les ambiances, manifestation de la nostalgie[N 44] d'une période historique et d'un mode de vie qui font rêver, mais sont largement fantasmés, comme le montre Orgueil et Quiproquos en 2008. Highbury, où vit Emma Woodhouse, est si près de Londres[N 18] qu'il est courant que les messieurs s'y rendent à cheval pour la journée : Mr Elton va y faire encadrer le portrait de Harriet Smith ; Frank Churchill allègue une visite à son coiffeur pour justifier son déplacement, même si son motif réel est l'achat d'un piano. La version du 25 octobre 2013 de cet article a été reconnue comme «, Situation financière et considération sociale, Le droit de succession comme ressort des intrigues, Réception dans les pays francophones : un long malentendu, Les adaptations à la télévision et au cinéma, « elle n'abordait la nature et ses beautés que d'une façon biaisée qui lui était personnelle », « elle s'attarde souvent sur la beauté et la mélancolie de la nature », « avec ses crevasses verdoyantes entre les rochers romantiques », « ravie d'observer tout ce qui était nouveau et d'admirer tout ce qui était joli », « Adieu déception et chagrin. Jane, cependant, se voit contrainte de repousser la mise sous presse de ces deux livres par suite des difficultés financières que traverse sa famille. Imagine-toi tout ce qu'il y a de plus dissolu et de plus choquant dans notre façon de danser et de nous asseoir ensemble. Jane Austen, James Kinsley, Fiona J. Stafford, « A Chronology of Jane Austen ». Susan Ferrier (1782-1854), romancière écossaise, explore des thèmes comiques, dépourvus toutefois de l'« urbanité économe et intelligente » de Jane[269]. Deirdre Le Faye, "Chronology", p. 8-9 ; Fergus, "The Professional Woman Writer", 19-23. (See the silhouettes of Jane Austen's father and mother, apparently taken at different ages.) Le roman commencé à Bath en 1804[104], The Watsons, concerne un clergyman invalide et sans grandes ressources financières, et ses quatre filles non mariées. Même le nom du domaine souligne la prédominance masculine : Anne l'a très mal vécu et la pleure toujours, comme Eleanor Tilney (dans. Comme le constate Norman Page, ses romans « brillent par l’absence de mots se référant à la perception physique, au monde de la forme, de la couleur et de réactions sensorielles. Comme tous ses frères et sœur, elle est encouragée par son père, George Austen, à se familiariser avec les grands auteurs. Hun var det syvende barn af sognepræst George Austen (1731-1805) og hustru Cassandra (1739-1827). Isabelle Bour relève ainsi dans le numéro du 26 octobre 2012 du magazine Elle un article intitulé « Joue-la comme Jane Austen », dont le sous-titre précise : « Pour trouver l’âme sœur, mieux que Meetic, il y a la méthode victorienne »[191]. Pour les héros de Jane Austen comme pour les membres de sa propre famille, ces activités de loisir ont lieu dans les limites de distance qu'une voiture attelée peut parcourir dans la journée[202]. La culture masculine, représentée à la fin du XVIIe siècle par des écrivains tels que Swift ou Pope, voit cependant d'un mauvais œil l'intrusion de female wits (« femmes d'esprit ») dans la littérature. Et celle des fils n'est parfois pas plus enviable : maîtresse de la fortune de son mari, Mrs Ferrars, dans le même roman, déchoit Edward de son droit d'aînesse puisqu'il refuse d'épouser « l'honorable miss Morton », la riche héritière qu'elle lui destine. Ses personnages, écrivaient Kate et Paul Rague en 1914, sont « semblables à ceux que nous rencontrons chaque jour, doués d’aucune vertu, ni d’aucun vice extraordinaire »[111]. Alors qu'en France le droit d'aînesse est officiellement aboli en 1792, il reste la norme au Royaume-Uni dans la landed gentry : le fils aîné, quelles que soient ses qualités personnelles, hérite du domaine. Cette riche aristocratie terrienne, représentée par John Dashwood ou le général Tilney, qui dépense des sommes folles à embellir ses domaines, a un rapport dévoyé au patrimoine et une approche utilitariste de l'agriculture[45] ; par la pratique fort rentable pour elle des enclosures, elle entraîne, à partir des années 1790, l'appauvrissement corrélatif des habitants des campagnes[46]. Tôt dans l'année 1816, la santé de Jane Austen commence à se dégrader. La multiplication des adaptations (en particulier plus d'une dizaine de costume dramas depuis 1938 à la télévision) et leur étalement dans le temps confèrent aux personnages, incarnés par des acteurs, une autre dimension qui renseigne sur l'évolution des mentalités[219] et des attentes du public, comme le montre l'étude diachronique des quatre adaptations encore accessibles d'Orgueil et Préjugés, entre 1940 et 2005[220]. Mais le paysage ne se contente pas de révéler des sentiments et des émotions, il a aussi une fonction symbolique. Ainsi nantie, Jane Austen pourrait assurer à ses parents une vieillesse confortable, donner à Cassandra une maison qui soit à elle, et peut-être, aider ses frères à faire carrière. Dans Northanger Abbey Jane rend un hommage appuyé à cette aînée[157] : en effet, les romans de Fanny Burney, Camilla, Evelina, Cecilia, ou The Wanderer critiquent l'hypocrisie de la société patriarcale car on y voit leurs personnages masculins opprimer les femmes qu'ils sont censés protéger[158]. Ses romans les plus connus Raison et sentiments (Sense and Sensibility), Orgueil et préjugés (Pride and Prejudice), Mansfield Park et Emma ont été publiés successivement en 1811, 1813, 1814 et 1815. Au milieu de l'année 1815, Jane Austen quitte Egerton pour la maison John Murray, éditeur londonien plus renommé, qui publie Emma en décembre 1815 et, en février de l'année suivante, sort une deuxième édition de Mansfield Park. Ainsi, Marianne Dashwood, qui a fait des adieux éplorés aux bois de Norland avec une sensibilité préromantique, arpente les « superbes promenades » qu'offre la vallée de Barton où elle habite désormais, admirant le paysage selon les conventions esthétiques prônées par Gilpin[25]. Les deux sœurs contractent le typhus qui manque d'emporter Jane[38]. Lyme Park a vu croître notablement le nombre de ses visiteurs après 1995[245], et les lieux qui ont servi de décor à Pride & Prejudice 2005 gardent des traces du tournage : des costumes à Burghley House (Rosings)[240], le buste de Darcy à Chatsworth House (Pemberley)[246]. En 2004, Bride & Prejudice de Gurinder Chadha obéit à certains codes bollywoodiens. Le dernier domaine que présente Jane Austen, Kellynch Hall, demeure ancestrale des Elliot, baronnets dans le Somerset[59], est le seul que son propriétaire est contraint de quitter et de louer. Selon William F. Buckley Jr., « on ne lit pas Jane Austen, on relit Jane Austen » (« One doesn't read Jane Austen; one re-reads Jane Austen »)[184]. Il en est de même pour les quelques pages de The Watsons, roman commencé à Bath en 1804[N 3] et abandonné à la suite de la mort de son père en 1805. »[C 3]. Ainsi, dans Northanger Abbey, Jane Austen fait penser son héroïne Catherine Morland à voix haute, alors que son imagination endiablée métamorphose l'abbaye en un lieu ayant recelé de sombres drames, à l'instar des extravagances gothiques qu'elle apprécie tant : (…) Catherine's blood ran cold with the horrid suggestions which naturally sprang from these words. Quel que soit son statut d'origine, une femme prend celui de l'homme qu'elle épouse, puisque le statut social d'une femme est déterminé par celui de son père, tant qu'elle est célibataire, puis par celui de son mari[105] comme le montre, dans Mansfield Park, la différence de statuts des trois sœurs Ward, mariées dans des sphères sociales très différentes, et la divergence des parcours de leurs enfants[106]. Adieu to disappointment and spleen. Il se peut aussi qu'il ait été sourd et muet[32]. Biografie Jane Austen Lebenslauf Jane Austen, geboren am 16. Dans Sense and Sensibility, « la ville » tient une place centrale. En plusieurs occasions, les héros de Jane Austen prennent la défense des romans. Moreover, her experience was carried far beyond Steventon rectory by an extensive network of relationships by blood and friendship. Aucune correspondance, ni aucun journal ne permettent de savoir ce qu'elle a réellement pensé de cette proposition de mariage[100]. La maladie, qui devait rapidement emporter le Révérend Austen, est soudaine, le laissant, comme le rapporte Jane à son frère Francis, « complètement inconscient de son propre état »[109],[110]. On peut y voir l'influence de Charlotte Lennox et de son livre The Female Quixotte, paru en 1752 et évoqué en 1808 par Jane Austen dans une lettre à Cassandra[171]. En revanche, attentive aux changements en cours, elle présente sous un jour favorable certaines classes sociales souffrant de préjugés hostiles : les négociants dans Orgueil et Préjugés avec les Gardiner, les fermiers dans Emma avec Robert Martin[101]. La condition de la femme et ses difficultés sociales expliquent la focalisation de l'attention des critiques sur le versant « féministe » de l'œuvre de Jane Austen[212]. À la fin du XVIIIe siècle, les distractions d'un foyer aisé disposant de loisirs sont rares et tributaires des relations entretenues avec le voisinage. Jane Austen (født 16. december 1775 i Steventon, død 18. juli 1817 i Winchester) var engelsk roman forfatter. Les hésitations de Darcy à engager la conversation suggèrent le pouvoir qu'elle exerce sur lui, lui apprenant finalement à changer son regard : dans la dernière scène, il rit franchement. L'art de Jane Austen repose sur le dialogue[112], ces « merveilleux petits discours qui résument en une conversation tout ce qu'il faut savoir pour connaître définitivement [un personnage] » dit Virginia Woolf[C 4]. L'épitaphe composée par James loue ses qualités personnelles, exprime l'espoir de son salut et mentionne les « dons exceptionnels de son esprit » (« the extraordinary endowments of her mind »), sans faire explicitement état de ses réalisations d'écrivaine[140],[141]. Certes, Jane Austen utilise aussi cette commodité d'écriture, mais son souci est la représentation d'événements et de situations vraisemblables, « naturelles, possibles et probables »[N 33]. Jane Austen — comme Henry Fielding et son Shamela, ou Charlotte Lennox et The Female Quixotte — aime à saisir les travers des autres écrivains, ou les exagérations de leur style, qu'elle parodie alors avec bonheur. Les questions que soulevait Jane Austen sont toujours d'actualité dans le contexte contemporain, ce que semble indiquer la variété des origines des films adaptés de ses romans[208]. Les conséquences s'en font sentir au sein même de sa famille, puisque le premier mari de sa cousine Eliza Hancock, Jean-François de Feuillide, est guillotiné en février 1794[231]. Chez Jane Austen, seules deux héroïnes ont perdu leur mère : Emma Woodhouse et Anne Elliot. En l'absence des manuscrits originaux, il est impossible de dire dans quelle mesure le brouillon original a survécu dans le roman publié en 1811 sous le titre de Sense and Sensibility[76],[77]. Jane Austen's Bennetmädchen sind wieder da! Marianne épousera Brandon (qui dispose justement de 2 000 £), Elinor vivra, après son mariage avec Edward Ferrars, dans la cure de Delaford avec 800 £ environ[136]. Il la considère comme « la plus grande artiste ayant jamais écrit »[245], un « Shakespeare en prose ». De 1811 à 1816, avec la parution de Sense and Sensibility (publié de façon anonyme en 1811), Pride and Prejudice (1813), Mansfield Park (1814) et Emma (1816), elle connaît le succès. Comme l'atteste son Histoire de l'Angleterre, Jane Austen est de mentalité conservatrice. Les lieux de tournage, qui font partie du patrimoine historique britannique, souvent gérés par le National Trust, sont choisis pour correspondre au mieux aux demeures qu'ils sont censés représenter, offrant une image, sinon fidèle, du moins très vraisemblable du monde dans lequel Jane Austen a inscrit ses intrigues, et faisant des séries de la BBC en particulier, non juste des films en costumes (costum dramas) mais des heritage films (films « patrimoniaux »)[243]. Jane Austen se fait souvent le chantre des paysages anglais et de leur beauté. Le charme de la campagne anglaise est également évoqué lors de la longue promenade automnale vers Winthrop que font Anne Elliot et sa famille dans Persuasion : '« (…) Her pleasure in the walk must arise (…) from the view of the last smiles of the year upon the tawny leaves and withered hedges » (« Pour elle, le plaisir de la promenade devait venir de la contemplation des derniers sourires de l'année sur les feuilles rousses et les haies fanées »)[228]. La dernière modification de cette page a été faite le 20 janvier 2021 à 03:33. Les lettres de Jane à Cassandra témoignent que les jeunes gens passent beaucoup de temps ensemble. Jane Austen was born in Steventon, England, in 1775. Orgueil et Préjugés établit une hiérarchie entre les différents domaines où séjourne l'héroïne : Longbourn, le petit domaine de Mr Bennet, frappé d'entail et qui suffit juste à faire vivre confortablement sa famille ; Netherfield, dont la location permet à Charles Bingley de s'initier à la vie de landlord ; le « voyant et inutilement somptueux » Rosings Park qui reflète parfaitement le caractère de sa propriétaire, Lady Catherine, suffisante, ostentatoire et pleine de morgue[47] ; et Pemberley, la plus parfaite construction brownienne de la romancière[48]. Elle envoie quelques courts écrits à ses nièces Fanny Catherine et Jane Anna qui viennent de naître[66]. Le revenu qu'en retire Jane Austen lui permet une certaine indépendance, tant financière que psychologique[122],[123]. Mais si la vie d'Emma se cantonne dans un étroit périmètre autour de Highbury, d'autres personnages se déplacent fréquemment, Comme la guerre empêchait le traditionnel, Ainsi John Wiltshire s'est intéressé à la, Brunswick Square, ainsi nommé en l'honneur de la, Comme elle donne à ses personnages de papier des noms qui renvoient à d'authentiques familles britanniques (Middleton, Dashwood, Darcy, Bingley, Churchill, Elliot…) ses lecteurs contemporains les identifient facilement comme membres de la. 10/18, dont les précédentes éditions faisaient de même, réédite depuis 2012 les six romans de Jane Austen avec des couvertures originales[268]. Dans Orgueil et Préjugés, où Jane et Elizabeth Bennet forment un couple fraternel très uni et Kitty et Lydia un autre plus conflictuel[169], les deux aînées, miroir de la profonde affection qui unissait les deux sœurs Austen, se complètent, se soutiennent et s'appuient l'une sur l'autre[169], offrant l'un des plus beaux exemples d'amitié féminine de la littérature romanesque de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle[170]. La femme est tellement assujettie au mariage que ce n'est qu'en 1918 qu'elle obtiendra de voter aux élections législatives, et encore propose-t-on d'exclure les vieilles filles, en raison de « leur échec à attirer ou plaire à un compagnon » (they had failed « to please or attract » mates)[209]. Invitée par sa tante Gardiner à un voyage d'agrément « peut-être jusqu'aux Lacs », Elizabeth Bennet s'en réjouit : « Adieu déception et chagrin. L'histoire se déroule souvent dans des châteaux de style gothique (comme dans The Midnight Bell, de Francis Lathom) ou des abbayes « tortueuses » (labyrinthine), comme celle de La Forêt ou l'Abbaye de Saint-Clair (1791), d'Ann Radcliffe[220]. Si Jane Austen ne s'est jamais mariée, on a cependant découvert, 200 ans après sa mort, deux faux certificats de mariage qu'elle avait écrits elle-même dans le registre des mariages de Steventon, probablement pendant son adolescence[101]. Celui de Thornton Lacey, la cure d'Edmund Bertram, est estimé à 750 £ environ, tandis que la cure de Mansfield rapporte presque 1 000 £[136]. Il s'agit d'une parodie de quelques résumés à usage scolaire, de son roman favori, L'Histoire de Sir Charles Grandison (1753), de Samuel Richardson[71]. « Elizabeth s'était mise (…) à réfléchir sérieusement à ce que l'on pouvait faire, et avait finalement proposé ces deux axes d'économies : supprimer quelques dons inutiles à des œuvres de charité, et s'abstenir de changer le mobilier du salon ; à ces expédients, elle ajouta plus tard l'heureuse idée de ne plus offrir de cadeau à Anne, comme cela avait été la coutume chaque année. Si Henry Crawford et William Elliot, jouisseurs cyniques et épicuriens[128], n'arrivent pas à vaincre la résistance de l'héroïne, c'est que son cœur est déjà pris. Elle n'en a probablement pas choisi les titres : Northanger Abbey s'appelait Susan en 1803, lorsqu'elle en vendit les droits à Crosby[3], puis Catherine dans sa correspondance avec Cassandra, où elle évoque aussi The Elliots et non Persuasion. It is a narrow, earthly, & essentially unpoetical view of life […] Her human characters never look up; and when they look within, it is not deeply… Conventional Life is not the Inward Life.